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Représentations et ressentis des consommateurs de cannabis face à leur médecin : une enquête auprès de 15 patients en région Auvergne Rhône Alpes.

2016
Santé
Auteurs Physiques
  • MEJEAN (V.)
Organismes Producteurs
Aucun organisme producteur
Organismes Commanditaires
  • Université de Lyon
Résumé
En France, le cannabis est la substance psychoactive illicite la plus consommée et les problématiques associées à cette consommation ne peuvent être ignorées. Principal acteur des soins de premier recours, le médecin généraliste est le mieux placé pour dépister cet usage. Le dialogue entre un patient et son médecin traitant sur la question du cannabis n'est pourtant pas aisé. L'objectif de cette étude est d'explorer les freins et les motivations des patients pour aborder la question du cannabis avec leur médecin et d'étudier ce qu'ils attendent de cette interaction. Nous avons réalisé une étude qualitative par entretiens semi-structurés auprès de 15 patients consommateurs réguliers de cannabis en région Auvergne Rhône Alpes. Une analyse thématique a été effectuée à partir des données retranscrites. La relation de confiance avec leur médecin ou le sentiment de prendre un risque à consommer du cannabis étaient les deux motivations évoquées par les patients pour aborder la question du cannabis. Ils identifiaient de nombreux obstacles au dialogue. Certains étaient inhérents au patient comme la peur d'être jugé, la peur du non-respect du secret professionnel ou l'absence de problématique ressentie. D'autres étaient liés au médecin comme une attitude parfois inadaptée, des capacités limitées de prise en charge ou une méconnaissance des problématiques liées au cannabis. Les attentes des consommateurs de cannabis en matière de prise en charge concernaient à la fois l'attitude du médecin, fondée sur l'écoute et l'objectivité, et son action pendant la consultation. Ils imaginaient que le médecin devait repérer l'usage et donc poser la question pour les accompagner dans leur consommation. Parfois ils pensaient au sevrage et attendaient que le médecin les aide ou les oriente vers une structure adaptée. Malgré de nombreux obstacles, les patients sont prêts à discuter de leur consommation de cannabis avec leur médecin. Pour cela, le médecin ne doit pas hésiter à poser la question. Il semble nécessaire de développer la formation des médecins généralistes sur cette problématique pour qu'ils se sentent moins démunis et qu'ils osent ouvrir le dialogue.
*L'astérisque indique les organismes ayant changé de dénomination ou ayant cessé leur activité.
Accès à l'étude

Thèse de médecine (103p.) – Lieu de consultation : ORS