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Facteurs de variation du taux intérieur de formaldéhyde dans les habitats stéphanois et risques sur la pathologie asthmatique allergique.

2016
Santé
Auteurs Physiques
  • REYNAUD (Morgan)
Organismes Producteurs
Aucun organisme producteur
Organismes Commanditaires
  • Université de St Etienne
Résumé
Le formaldéhyde, composé organique volatil (COV) présent dans l’air intérieur, joue un rôle dans la pathologie asthmatique allergique. Les sources de production sont multiples et seule la ventilation permet sa régulation. Les conseillers médicaux en environnement (CMEI) effectuent, toute l’année, sur prescriptions médicale, des mesures de taux de formaldéhyde chez des patients asthmatiques allergiques. L’objectif de l’étude était d’évaluer l’existence éventuelle d’une différence du taux de formaldéhyde dans l’habitat, en fonction de la saison (été/hiver) sur la région stéphanoise. Les rôles de l’environnement, l’heure de la mesure (matin/après-midi), de la ventilation, de l’activité humaine et de l’aménagement intérieur ont également été étudiés. Il s’agissait d’une étude rétrospective monocentrique, portant sur l’analyse des dossiers manuscrits réalisés par les CMEI de Saint-Etienne, comportant une mesure de formaldéhyde, entre janvier 2013 et septembre 2015 dans un rayon de 20 km autour de l’agglomération stéphanoise. Les mesures ont été réalisées par un CMEI. Dans le salon et/ou la chambre, à l’aide d’un INTERSCAN. Le rôle de la saison, de l’horaire, de l’environnement extérieur, de la ventilation, de l’activité humaine, de l’aménagement sur le taux de formaldéhyde ont été étudiés. Toutes les variables ont été comparées avec le test de Student (Excel ™ Microsoft). Le seuil de significativité retenu était p<0.05. Sur les 266 visites effectuées, 216 comptaient une mesure de formaldéhyde. Il y eu 214 mesures dans le salon et 201 dans la chambre. Le taux moyen de formaldéhyde statistiquement plus faible dans le salon à 25.1 µg/m3 (±13,6) que dans la chambre à 30.5 µg/m3 (±14. 27), p=0.00008. Soixante-quatre (64) visites ont été réalisées en période estivale et 85 en période hivernale. Dans le salon, il n’existait pas de différence statistiquement significative (p=0.454) entre, le taux de formaldéhyde en période estivale (24.5 µg/m3 ; ± 15.2) et hivernale (24 µg/m3 ; ± 12.96). Dans la chambre, il existait une différence statistiquement significative (p=0.049) entre le taux de formaldéhyde en période estivale (31.7 µg/m3 ; ± 12.25) et hivernale (29,1 µg/m3 ; ± 14.08). Respectivement environ 35 % et 55 % des mesures ont été effectuées le matin et l’après- midi. Il n’existe pas de différence statistiquement significative entre les relevés effectués le matin et ceux réalisés l’après- midi (p=0.237 dans le salon et p=0.627 dans la chambre). Le taux moyen de formaldéhyde dans un salon aéré est statistiquement plus faible (23.7 µg/m3 ± 13.2) que dans un salon non aéré (29.8 µg/m3 ± 14 ; p=0.006). Il n’existe pas de différence statistiquement significative concernant la ventilation dans la chambre (30.4 µg/m3 ± 14.9 si aération contre 30.8 µg/m3 ± 10,8 si pas d’aération p=0.87). La valeur moyenne des taux de formaldéhyde retrouvée dans les pièces situées à proximité d’une autoroute (salon p=0.016, chambre p=0.0025) et d’une route (salon p=0.006, chambre p=0.008) était supérieure à celle retrouvée en l’absence d’autoroute. Nous proposons donc aux médecins allergologues, prescripteurs de ces mesures, d’utiliser le taux de formaldéhyde relevé dans le salon, plutôt que dans la chambre, car plus stable selon la saison.
*L'astérisque indique les organismes ayant changé de dénomination ou ayant cessé leur activité.
Accès à l'étude

Thèse de médecine (49 p.) – Lieu de consultation : BU St-Etienne