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Use of psychoactive substances in prison: Results of a study in the Lyon-Corbas prison, France

2017
Santé
Auteurs Physiques
  • BERGER VERGIAT (A.)
  • POT (E.)
  • SAHAJIAN (F.)
Organismes Producteurs
Aucun organisme producteur
Résumé
En prison, en 2012, selon diverses sources, 4 à 56 % de la population carcérale d’Europe consommaient des substances psycho-actives (SPA). Le but de notre étude était de décrire la consommation de SPA pendant l’incarcération à la prison de Lyon-Corbas. Une étude descriptive transversale a été menée entre le 23 et le 27 septembre 2013 auprès de tous les détenus de cette prison. Nous avons utilisé un questionnaire auto-administré anonyme, distribué à l’heure du déjeuner et recueilli le même jour au moment du dîner par le personnel de service de santé mentale. Au total, 710 des 785 détenus présents dans la prison de Lyon-Corbas au moment de l’étude ont été inclus et le taux de réponse était de 64,4 % (IC à 95 % [60,8–67,8]). Parmi les 457 répondants, 16,4 % (IC à 95 % [13,2–20,0]) ne déclaraient aucune consommation. Parmi les 382 consommateurs, 74,4 % (IC à 95 % [69,8–78,5]) consommaient du tabac, 36,8 % (IC à 95 % [32,2–41,8]) du cannabis, 30,4 % (IC à 95 % [25,9–35,1]) de l’alcool, 7,7 % (IC à 95 % [5,2–10,6]) de l’héroïne et 10,3 % (IC à 95 % [7,5–13,6]) de la cocaïne. Par ailleurs, 15 % des consommateurs déclaraient avoir initié une consommation de SPA durant leur incarcération. Parmi les consommateurs d’au moins un produit autre que le cannabis, le tabac et l’alcool, la voie de consommation était le sniff pour 60,0 % (IC à 95 % [48,5–70,2]) et l’injection pour 31,0 % (IC à 95 % [21,6–42,1]). La consommation simultanée de plusieurs SPA et le partage de matériel de sniff et/ou d’injection figuraient parmi les comportements à risque observés ; 12 % (IC à 95 % [5,8–20,4]) des injecteurs déclaraient stériliser leur matériel d’injection à l’aide d’eau de javel. Notre étude fournit des données inquiétantes sur la consommation de SPA en prison. Les mesures d’interdiction n’empêchent pas cette consommation. Cette découverte devrait encourager les pouvoirs publics à faciliter l’accès des détenus aux structures de soins en milieu carcéral, afin d’améliorer les programmes de prévention et de soins en addictologie et de développer des activités (sportives, culturelles, éducatives et professionnelles).
*L'astérisque indique les organismes ayant changé de dénomination ou ayant cessé leur activité.
Accès à l'étude

Revue d’épidémiologie et de santé publique, 2017, vol. 65, n°5 (pp.361-367) – Lieu de consultation : ORS