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Place du médecin généraliste dans la surveillance du cancer du sein non métastatique dans le département de la Drôme : regard croisé entre médecins généralistes et oncologues.

2017
Santé
Auteurs Physiques
  • GRAND (P.)
Organismes Producteurs
  • Université de Lyon
Résumé
Devant l'augmentation chaque année du nombre de femmes en rémission d'un cancer du sein nécessitant un suivi médical à vie, le maintien d'une surveillance en milieu spécialisé à la suite des traitements spécifiques est devenu difficile. Intégrer de manière précoce les médecins généralistes dans la boucle de surveillance semble primordial afin de désengorger les consultations des spécialistes et de maintenir des délais de prise en charge raisonnables. En pratique, il existe encore peu de patientes suivies par leur médecin généraliste après la phase active de traitement. L'objectif principal de ce travail était d'étudier la place du médecin généraliste drômois dans la surveillance des patientes atteintes d'un cancer du sein non métastatique et de confronter ces données avec celles des principaux oncologues du département. L'objectif secondaire était de définir les limites et les contraintes des médecins généralistes à la mise en place d'une surveillance alternée afin de faire émerger des pistes d'amélioration à échelle locale. Nous avons mené une enquête quantitative et descriptive, par le biais de questionnaires envoyés par mail auprès des médecins généralistes (MG) et des médecins qualifiés en oncologie du département de la Drôme. 66 médecins généralistes et 8 oncologues ont répondu. 71,3% des médecins généralistes drômois étaient plutôt satisfaits de leur place actuelle dans la surveillance du cancer du sein non métastatique. En revanche, 7 oncologues sur 8 ne l'étaient pas. 82,8% des médecins généralistes et 7 oncologues sur 8 étaient favorables à impliquer davantage le médecin généraliste dans la boucle de surveillance alternée. Les limites des médecins généralistes à la mise en pratique d'une surveillance partagée étaient: le caractère chronophage des consultations (47%), le manque de coordination entre la ville et l'hôpital (45,5%) et le manque de rémunération adaptée (43,9%). À échelle locale, les pistes d'amélioration de la coordination entre la ville et l'hôpital étaient principalement l'amélioration du partage des données (59,1% des MG et 6 oncologues sur 8) et la diffusion des protocoles et recommandations de bonnes pratiques (57,6% des MG et 6 oncologues sur 8). Il existe un contraste fort entre des médecins généralistes globalement satisfaits de leur place dans la surveillance et même désireux de s'y impliquer davantage, et des oncologues en demande d'une plus forte implication. Ceci peut être expliqué par le manque de communication entre confrères lorsqu'il s'agit de définir les principaux acteurs à impliquer dans la surveillance partagée. De plus, les contraintes et les limites que peut engendrer la mise en place d'une telle surveillance dans la pratique quotidienne des médecins généralistes peut expliquer ce paradoxe. Dans les années à venir, l'amélioration de la coordination ville-hôpital et des échanges entre les professionnels de santé vont apparaître comme essentiels à la mise en place d'une surveillance partagée. Pour cela, la mise en place d'un outil de surveillance commun à tous les professionnels de santé est primordiale.
*L'astérisque indique les organismes ayant changé de dénomination ou ayant cessé leur activité.
Accès à l'étude