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Intoxications accidentelles pédiatriques au cannabis en région Auvergne-Rhône-Alpes. Étude descriptive rétrospective de 2008 à 2016 dans les hôpitaux de Saint-Étienne, Lyon, Villefranche-sur-Saône, Roanne, Le Puy-en-Velay, Annonay et Valence.

2017
Santé
Auteurs Physiques
  • MEUGNIER (Louise)
Organismes Producteurs
Aucun organisme producteur
Organismes Commanditaires
  • Université de St Etienne
Résumé
Les intoxications accidentelles aux stupéfiants et notamment au cannabis sont une réalité de plus en plus observée chez les enfants en bas âge, et font l’objet d’une alerte de la part des autorités sanitaires françaises. Le cannabis, issu de la plante Cannabis Sativa est la substance illicite la plus consommée en France. Ses effets neuropharmacologiques sont principalement dus au delta9-tetrahydrocannabinol, dont les métabolites sont détectables dans les urines dès la deuxième heure après consommation. L’objectif de cette étude était de décrire l’incidence, la présentation clinico-biologique et la prise en charge des cas d’intoxications accidentelles au cannabis chez les enfants de moins 6 ans, diagnostiqués dans 7 hôpitaux de la région Auvergne-Rhône-Alpes, entre le 1er janvier 2008 et le 31 décembre 2016. Étude descriptive rétrospective réalisée dans les CHU de Saint-Étienne et Lyon, et dans les hôpitaux de Roanne, Villefranche-sur-Saône, Le-Puy-en-Velay, Valence et Annonay. Les patients sélectionnés étaient ceux ayant un séjour hospitalier codé T40.7 (intoxication par cannabis) ou F12 (troubles du comportement liés à l’utilisation du cannabis), selon la Classification Internationale des Maladies CIM-10, pendant la période étudiée. Soixante-cinq cas ont été recensés, avec une incidence annuelle croissante depuis 2008. L’âge moyen à l’admission était de 14.6 mois. Dans la moitié des cas, l’ingestion de cannabis n’était pas spontanément abordée par les parents comme motif de consultation. Les symptômes neurologiques étaient au premier plan : troubles de la conscience (94 % des cas) alternant avec des phases d’agitation et une hypotonie (52 %). Une mydriase, une ataxie et des convulsions peuvent s’y associer. Dans 9 % des cas, une dépression respiratoire aggravait l’intoxication. Les recherches de toxiques, effectuées chez 95 % des cas, étaient toutes positives, sauf pour 1 cas d’ingestion de graine de chanvre. La durée moyenne de séjour était de 2.1 jours, et 35 % des enfants ont nécessité un passage en réanimation ou service de soins continus. Le traitement était symptomatique, le plus souvent par simple perfusion et surveillance. Un remplissage vasculaire ou une oxygénothérapie étaient parfois nécessaires. Un enfant a nécessité une intubation avec ventilation assistée. L’évolution était toujours favorable, souvent dans les 24 heures suivant l’intoxication. Dans un tiers des cas le cannabis appartenait aux parents, et l’intoxication avait eu lieu au domicile dans 4 2% des cas. Seuls 72 % des intoxications ont fait l’objet d’un signalement aux autorités judiciaires ou administratives. Les intoxications accidentelles pédiatriques au cannabis ne cessent d’augmenter depuis le début des années 2010, et si elles sont habituellement d’évolution simple, certains cas nécessitent des mesures de réanimation. Devant la banalisation de la consommation du cannabis chez les jeunes adultes, les campagnes de prévention doivent cibler le risque d’exposition de la population pédiatrique.
*L'astérisque indique les organismes ayant changé de dénomination ou ayant cessé leur activité.
Accès à l'étude

Thèse de médecine (36 p.)