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Épidémie de COVID-19: recherche de facteurs de risque de formes sévères au cours des 1ère et 2ème vagues sur les HCL. Évaluation des mécanismes pathogéniques chez les cas graves, et analyse des pratiques à l’origine de celles proposées en 2023.
2023
Santé
Auteurs Physiques
- CARNIS (C.)
Organismes Producteurs
- Université de Lyon
Résumé
Les patients atteints du COVID-19 présentent une grande variabilité clinique interindividuelle. Des facteurs de risque d'évolution vers des formes graves ont été décrits. Nos objectifs ont été de caractériser les patients pris en charge dans les hôpitaux lyonnais pour une infection à Coronavirus en 2020, pour pouvoir rechercher des facteurs épidémiologiques, et clinico-bio-radiographiques, prédictifs d'évolution vers une forme sévère de COVID-19. Nous cherchions également à évaluer la corrélation de nos résultats avec les données physiopathologiques et génétiques de la littérature, et faire le lien avec les pratiques à l'origine de celles utilisées en 2023. Nous avons réalisé une étude observationnelle rétrospective monocentrique incluant 153 patients testés positivement au COVID-19 sur les Hospices Civils de Lyon (HCL) lors des deux premières vagues de contamination. 50 patients (33%) ont pu rentrer à leur domicile après une évaluation médicale, 38 (25%) ont été hospitalisés en service conventionnel, et 65 (42%) en soins intensifs. L'âge médian était de 53 ans [29-70], avec 59% d'hommes. Les caractéristiques significatives à prise en charge initiale associées à un sur-risque d'hospitalisation étaient : un âge élevé, une température élevée, une diminution de saturation, une CRP augmentée, une diminution des lymphocytes. Les facteurs associés à une augmentation du risque de recours aux soins intensifs étaient l'existence d'une maladie respiratoire chronique, une augmentation de l'IMC, une augmentation des PNN, des LDH et une baisse de l'albumine. L'existence d'une hémopathie et la prise d'immunomodulateurs apparaissaient comme facteurs limitant l'hospitalisation en soins intensifs en comparaison au service conventionnel. Les analyses des données radiologiques ne montraient pas de différence significative. Les formes sévères de COVID-19 sont la traduction d'une dysrégulation immunitaire en lien avec une réaction hôte-pathogène inappropriée, compliquée de phénomènes inflammatoires localisés puis systémiques. Nous avons confirmé des profils de patients à risque d'hospitalisation, dont certains en soins intensifs, selon des caractères épidémio-clinico-biologiques. Nos données sont préliminaires à des analyses génétiques en cours, car certains génotypes pourraient expliquer une gravité particulière, et notamment chez des patients non comorbides. Les pratiques réalisées en 2020 sont superposables aux grands axes des recommandations actuelles concernant l'anticoagulation, la corticothérapie, la supplémentation en oxygène et le support ventilatoire.
Accès à l'étude
Thèse de médecine (103p.) – Disponible à la BU Lyon1